Paris Bamako en peugeot

Mali

07:17, 23/02/2004 .. 0 commentaires .. Lien

L'arrivée au Mali est épique. De nuit, on va à la douane. Le gros douanier nous renvoie à la police pour acheter le laissez-passer touristique. Cher. Sketche des policiers qui sont lents et incompétents. Ils font n'importe quoi en mélangeant nos passeports. On finit par avoir ce papier, on va à la douane. Le gros douanier nous fait payer cher ses visas. On n'a presque plus d'argent, et le seul guichet de retrait au Mali est à Bamako !

On trouve un endroit pour passer la nuit, on loue une chambre ignoble, avec douche dont tu sors plus sale qu'en entrant... On boit quand même des bières fraîches (y avait longtemps). La nuit est infestée de moustiques. Bref, on n'a pas du tout le moral
Le lendemain, des Français retraités d'EDF qui font une mission humanitaire nous prêtent 200 euros contre un chèque français. Cool, ils nous offrent même l'apéro: du Ricard AVEC glaçons!!! Le moral remonte !

 

Etape 2 : Nioro du Sahel

Je donne mes 38 paires de chaussure de foot pour enfants et mes 15 ballons au président-directeur-général de la jeunesse et des sports de la ville de Nioro !!! Je reçois de vifs remerciements et une promesse de lettre officiel à mon club de foot donateur !

Le receveur des postes de Nioro veut acheter la voiture de Momo. Ils s'entendent sur le prix, très bon (12000f). On décide donc de laisser Momo et Adrien à Nioro pour faire toutes les formalités pour la bagnole et de se retrouver le lendemain à Bamako.

De notre côté, on trouve un pseudo-guide (Moussa) qui accepte pour 200f de nous guider jusqu'à Didieni, c'est à dire 300 km de piste difficile. Après c'est du goudron sur 200 km jusqu'à Bamako.

 

Etape 3 : Nioro-Didiéni : la piste difficile

La piste est vraiment difficile, il faut sans cesse prendre les petites déviations car la piste principale est pourrie par les camions. On s'ensable quelques fois, il fait vraiment très chaud. On arrive tant bien que mal à Diéma (soit 104km) en fin d'après midi.

Epuisés, on hésite à continuer. Finalement, on prend la route de Didieni, soit 175 km de piste en tôle ondulée. La pire du voyage. De nuit. La voiture tremble de partout dans un vacarme inquiétant, je roule à 80km/h pour limiter les vibrations, Futfut file lui à presque 100km/h.
Deux soudures sautent sous le capot, une pièce en plastique vient frotter contre le ventilo, on répare avec de la ficelle. Deux fois. On n'en peut plus, il est 21h quand il nous reste 20 km à faire. C'est certainement la journée la plus éprouvante du voyage et ces sur ces derniers 20 km que le pire nous attends...

 

Etape 4 : L'accident de bus

Au loin des lampes de poches dans la nuit, des gens affolés nous font signe de s'arrêter. Un bus s'est renversé et il y a des blessés partout. C'est un carnage et bien sur il n'y a pas d'ambulance, c'est le Mali. Je sors de la voiture pour voir les dégâts. Je me retourne, on a mis trois blessés grave dans ma voiture pour que je les transporte ! Je ne sais pas quoi faire.
C'est l'hystérie totale et on ne peut pas les laisser comme ça. On décide de les amener à Didieni pendant que Futfut part devant chercher du secours en trouvant le téléphone le plus proche.
J'ai deux blessés entassés sur la place passager, Hervé et Moussa sont derrière. La voiture est surchargée. On fait 10 km. Le stress, les blessés ne parlent plus, ils pissent le sang, le crâne ouvert, la tête défoncée. Tout d'un coup je me rends compte que la voiture chauffe. Je descends: plus d'eau, fuite du radiateur.
Il était temps de s'arrêter. Heureusement on a de l'eau, on remplit le radiateur, ça coule en goutte à goutte, ça devrait tenir, je mets un peu d'anti-fuite. On repart mais c'est pas fini...

 

Etape 5 : Didiéni

Au bout de 5 km, on crève! L'hallucination, on a fait 6000 km sans crever, il faut que ça nous arrive avec des Macchabées en sursis dans la bagnole! Le pire de tout c'est que je me rends compte avec effroi que l'on a pas le cric (je l'avais filé à Futfut qui est parti devant) On voit des lumières au loin. C'est un camion arrêté. Il nous prête un cric à camion .. que l'on arrive pas à adapter à la voiture. Désespoir.

Finalement, Futfut revient, il n'a pas trouvé de téléphone dans le village d'à côté. Grâce au cric on change la roue et on repart. Les 5 derniers km sont un calvaire. On arrive quand même au dispensaire de Didieni ...sans médecin. Ya un infirmier qui se réveille et qui prend les blessés en charge, mais il n'a ni médicament, ni même un lit pour ces pauvres mecs qui ont le crâne défoncé! On se rend compte qu'on n'a plus rien à faire, on laisse ces blessés à leur triste sort, ils seront au mieux transportés le lendemain sur Bamako, inch'allah.
On passe la nuit sous la tente à Didieni, on est bien fatigués et choqués par l'accident .
Le lendemain on prend la route pour Bamako...

 

Etape 6 : Bamako

7500 km au compteur en arrivant à Bamako ! On a réussi !

Pour vendre les voitures, il faut les réparer (soudures à refaire, radiateur à réparer, phares à changer) et il fait nuit quand on rentre. Je suis arrêté par un flic pour " franchissement de ligne continue "! Il veut mettre les deux voitures à la fourrière! Il confisque les papiers. Les autres infractions qu'il nous trouve sont: pollution (ma voiture fume), défaut d'assurance (on n'a pas les assurances maliennes), on sent l'alcool (!!) (on a bu l'apéro avec Futfut en attendant les réparations des voitures). Je bavarde avec lui, il finit par nous laisser partir contre deux ballons de foot que j'ai encore dans la voiture! On hallucine..

Le soir on retrouve Momo et Adrien qui nous ont rejoint en bus. La vente de sa voiture a mal tourné et il s'est fait extorqué la moitié du prix de vente par la douane !
O n sort se détendre, resto, biéres, concerts..demain il faut vendre les voitures et la journée va être difficile..

 

Etape 7 : Vente de voitures

Aujourd'hui, on doit vendre les caisses, chose pas facile avec une gueule de bois. En plus on doit partir le lendemain pour le trek en pays Dogon, donc faut s'activer.
On passe une journée de négociations où j'ai fini par me faire rouler dans la farine par des acheteurs de bagnoles bien roublards, qui m'ont raconté n'importe quoi, des prises de tête avec les intermédiaires etc... Je finis par fourguer la caisse pour 4000f, faut dire que le moteur est à l'agonie, ça je veux bien les croire... Futfut s'en tire mieux avec 8000f en poche.

Après il a fallu courrir à la mairie pour obtenir le papier officiel de la vente mais la mairie est fermée et je me retrouve avec un papier d'auto-école (ami de mon revendeur de voiture) avec un tampon improvisé ! N'importe quoi !

J'ai quand même un petit pincement au cœur de me séparer de ma belle 504 bleue avec laquelle j'ai passée de si bons moments…
Mais ça y est, on a fourgué les caisses, on a l'esprit libre, on se casse de Bamako, ville trop fatiguante, vers le pays Dogon.


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